Freelance : être heureux de l'être ... et le rester

 

 

Freelance : être heureux de l'être ... et le rester

 

 

Après trois années en tant que freelance, les premières conclusions arrivent. Ce qu’il faut faire pour survivre à son lancement d’activité, ce qu’il fait éviter, comment garder le cap : les premières leçons ont désormais pointé le bout de leur nez, et avec, l’envie de partager avec vous cette expérience et quelques conseils avec ceux qui désirent se lancer. Voici donc ici 5 points essentiels au quotidien de freelancer, qui sont devenus aujourd’hui ma charte personnelle de bonne humeur !

1. Cultivez l’auto-discipline (mais pas trop)

Le nerf de la guerre. Bon, peut-être pas le seul, mais celui-là compte beaucoup quoiqu’on en dise. Être capable de se lever le matin, sachant que l’on ne risque pas de recevoir les reproches acerbes d’un patron si on ne le fait pas, ce n’est pas donné à tout le monde. Se motiver en permanence, organiser de façon continue ses plannings de semaines/jours, s’adapter, trouver une ligne de conduite et puis recommencer si cela ne nous convient pas, parvenir à trouver son propre rythme et cultiver son envie d’avancer, voilà le cœur du projet et de sa réussite potentielle.

Le problème, c’est que l’auto-discipline n’est jamais très loin de sa petite sœur chérie, l’auto-flagellation. Puisqu’on est le seul sur qui repose tout ce qui fonctionne -et surtout, tout ce qui ne fonctionne pas assez bien à notre goût-, la seule personne que l’on peut critiquer, voir sous-estimer, c’est nous-mêmes. Le souci dans tout ça, c’est que l’être humain semble avoir assez peu de limites dans la souffrance qu’il s’inflige, alors la culpabilité de ne pas assez bien faire peut réellement devenir envahissante, voir paralysante. Ce qui, en plus de nous faire sentir mal, produit l’effet inverse de ce que l’on veut : l’inertie.

La nécessité de s’auto-discipliner s’apparente davantage en réalité à un besoin de trouver un juste équilibre avec soi-même : trouver et accepter son propre rythme de travail, s’y tenir, reconnaitre ses points faibles pour évoluer dans un sens meilleur, mais ne pas tomber dans le de-toute-façon-les-autres-sont-meilleurs-que-moi. Ce qui nous amène au deuxième point …

2. Faites-vous confiance (parce que vous le valez bien)

Facile à dire n’est-ce pas ? Et pourtant, bien des choses se débloquent à partir du moment où l’on arrête de douter de ses capacités, de la pertinence de ses services, et de ses tarifs. Sauf que, cela ne se fait pas du jour au lendemain.

Aujourd’hui, on trouve un peu de partout des tonnes d’articles pseudo-encourageants mais-qui-font-culpabiliser où l’on explique aux freelances qu’ils commettent une très grave erreur de débutant en voulant, par exemple, dès le départ, brader leurs tarifs. Mais en réalité, combien de freelances arrivent sur le marché en affichant une connaissance sans faille du marché qu’ils rejoignent, une confiance à toute épreuve en ce qu’ils font, une éloquence sans pareille et avec, un don pour la négociation ? Très peu.

L’important est d’acquérir cette maturité professionnelle avec le temps, d’apprendre à juger bon ce que vous faîtes, à vous affirmer et évoluer vers cette confiance qui ne pourra que vous ouvrir des portes – et même sans les promesses de monts et merveilles, elle vous apportera au moins quelque chose qui n’a pas de prix : beaucoup plus de plaisir et de sérénité dans votre projet.

Soyez prudents : les obstacles à cette confiance peuvent être nombreux. Les clients qui, pour négocier vos tarifs, vous font comprendre/déclarent que vous êtes trop chers, les sites web ultra-stylés de vos concurrents qui peuvent vous faire rougir, vos propres doutes lors des mauvais jours et autres syndromes ingrats de l’imposteur… Soyez plus forts que vos angoisses, et dans les moments de « faiblesses », ou de « rechutes » quasi inévitables, rappelez-vous pourquoi vous vous êtes lancés, et sentez-vous légitimes de votre business. On ne le fera pas pour vous !

3. Plaisirs solitaires : ne vous isolez pas (trop)

Parvenir à s’écarter du monde cadré et hiérarchisé des entreprises peut être perçu comme une réussite en soi, via laquelle il est tentant de se couper de tout contact professionnel pour mener sa barque comme on l’entend, nous tout seul et rien que nous (pour que plus personne nous embête, enfin). Sauf que … l’indépendance, on dit oui, les conversations dépressives avec son chat en pyjama tous les jours, un peu moins (même si cela peut avoir son charme).

Chacun y trouvera sa petite solution, son petit antidote, son propulseur de carrière : collectifs d’indépendants, bureaux partagés, espaces cowork’, connexion wifi au joli café du coin pour travailler un jour sur deux ou trois, événements officiels de votre domaine d’activité pour réseauter un peu et continuer de s’instruire le reste de l’année, peu importe, les formules proposées aujourd’hui sont multiples pour sortir de son chez-soi lorsque l’on est freelance.

A vous de trouver celle qui vous correspond : expérimentez, trouvez les compromis qui correspondent à votre personnalité (je veux bien voir des gens, mais pas tous les jours / deux jours enfermé chez moi et je fais une crise d’urticaire), en bref, apprenez à placer votre curseur de besoin de solitude, mais aussi celui de votre besoin de développement de business selon votre activité et l’état d’avancement de votre projet (j’ai besoin de trouver un ou deux collaborateurs / je veux juste me plaindre à d’autres indépendants qui me comprennent) pour que la solution miracle se révèle d’elle-même. Attention cependant, rien n’est figé ! Votre solution évoluera en fonction de l’évolution même de votre projet … et de vos humeurs !

N’oubliez pas cependant pas que s’il n’existe pas de bonheur total dans la solitude, l’enfer c’est aussi les autres. Vous avez le droit d’apprécier votre solitude dans vos moments de paix nécessaires, et comme pour tout, vous n’êtes pas forcés d’être collés à d’autres indépendants pour prouver au monde que vous n’êtes pas seuls et que votre projet bouge. Une fois de plus, trouvez ce qui vous correspond !

4. Allez à la librairie le mercredi (ou le jeudi…)

Ou buvez un café avec des ami-e-s. Ou faites du shopping. Ou allez faire des photos, de la moto, un bowling, ou juste rien du tout. En bref : n’oubliez pas les privilèges (pas si nombreux que l’on souhaite vous faire croire !) de votre statut d’indépendant. Et voici l’un des meilleurs d’entre eux : si vous préférez travailler samedi, et en attendant aller profiter des rues calmes de la ville mardi après-midi, faites-le. Personne ne vous retient (à part vous-mêmes…)

S’accorder des temps de pause sans croire que le monde va s’écrouler, cela peut faire sourire, mais la réalité c’est que ce n’est pas si simple quand tout repose sur soi. Bien souvent, les freelances sont bien plus sévères et exigeants avec eux-mêmes que le serait un-e patron-e qui n’aurait pas bu son café matinal. Même si le planning de la journée n’est pas terrorisant, une force maléfique peut vous pousser à rester derrière votre écran, à réfléchir aux milles et unes actions génialissimes que vous pourrez faire pour … pour en faire toujours plus en fait, tout simplement.

Alors oui, c’est essentiel d’avoir de la volonté, d’ailleurs sans elle vous ne réussirez pas à mener votre projet comme bon vous semble. Mais vouloir faire 300 choses à la fois, vouloir se rendre disponible mentalement et concrètement pour ses clients tout le temps, et vouloir prouver à soi-même et au monde que vous êtes un entrepreneur surbooké ne fera jamais avancer dans le fond votre activité.

Allez à la librairie le mercredi. Ou le jeudi. Respirez, même s’il fait chaud, froid, et que vous avez peur que Jean-Paul vous rappelle maintenant à propos de votre devis. Parfois, un bon bol d’air frais aère l’esprit, stimule votre créativité, décuple les forces dont vous avez tant besoin, et vous rappelle qu’au-delà de tous les ennuis que vous causent votre paperasse, vos cotisations, votre CFE, vos clients, vous pouvez au moins vous permettre de décider quand vous avez besoin de faire une pause. Vous êtes libres de votre emploi du temps, ne l’oubliez pas ! Ce qui nous amène au dernier point …

5. Ne vivez pas au rythme de vos clients

La tentation est si forte de vouloir être plus réactif que son ombre, et combler toutes les attentes de vos clients. Eux, sans qui vous ne pouvez jouir de votre indépendance

Voilà le type de raisonnement qui permet à la fois de rester humble, mais aussi de glisser vers les subtils pièges de la relation client lorsque l’on est freelance : penser que vous leur devez quelque chose, en permanence, et glisser vers une forme de soumission consentie dont l’angoisse et le stress vous envahira plus vite qu’une bouffée de cigarette.

Trouver la juste distance avec ses clients est l’un des aspects centraux les plus complexes de l’activité de freelance. Comment faire la différence entre un besoin de réactivité, et le caprice ? Ne pas se laisser envahir par les demandes de vos clients, ou au contraire, ne pas subir leur silence radio (quand vous avez besoin d’une validation pour avancer, ou d’être facturé) demande un encadrement constant de vos relations et de vos échanges avec eux.

Il s’agit de délimiter clairement tous les périmètres qui entrent en compte dans votre collaboration (disponibilités claires de vos horaires joignables, cadrage de la mission, suivi précis de l’évolution de la mission…) afin de respecter vos engagements en contrepartie de faire respecter vos limites. Entendre son téléphone sonner à 21h pour une « urgence » pas très urgente arrive plus vite que ce que l’on croit, recevoir 15 mails contradictoires qui vous donnent des bouffées de chaleur ou surprendre vos clients en flagrant délit d’abus de pouvoir sur vous aussi.

Ne vivez pas aux rythmes de vos clients, ni de leurs humeurs. S’ils se transforment en patrons, vous allez vivre avec plusieurs chefs sur votre dos au jour le jour, qui se tireront tous la couverture pour vous avoir pour eux tout seuls, dans la plus grande exclusivité. Soyez pédagogues ! Expliquez votre statut, votre fonctionnement, posez vos limites comme il se doit dès le départ, le plus clairement possible, sans aucune agressivité, par unique soucis de poser les bases saines de votre collaboration.  Car celle-ci doit pouvoir apporter à votre client ce qu’il attend de vous … mais vous rappeler, avant tout, le plaisir que vous trouvez chaque jour à travailler en tant que freelance.

Marion Gueydan

Marion Gueydan

Webmaster & Rédactrice web SEO Freelance

Spécialisée dans la conception de sites web WordPress, mais aussi la création de contenus optimisés SEO, j’ai créé mon auto-entreprise en 2017 avec toute la passion qui m’anime. Aujourd’hui, j’accompagne des clients très variés dans leur présence digitale, pour qu’ils se démarquent toujours plus sur les réseaux.
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